Lancement de la revue CODE South Way #3

Jeudi 8 juin 2017, à 19h, Entrée libre

Intervenant(s): 

Présentation de CODE South Way par les auteurs Sonia D'Alto, Nikita Dmitriev, Victor Mazière, Julia Marchand, Georgia René-Worms, Joël Riff, en présences des rédactrices en chef Charlotte Cosson & Emmanuelle Luciani, de certains artistes ainsi que d'anciens de CODE et CODE 2.0!


Au fil des numéros, un trajet se dessine : non seulement un cheminement vers le Sud, mais aussi une sortie des mégalopoles. C’est le projet de CODE South Way : exposer ces pratiques qui sortent des logiques des capitales – pour ne pas dire des logiques capitalistes.

Le monde médiéval résistait encore à la centralisation et ne connaissait pas la délégation à un tiers ; la division du travail est à la base du capitalisme marchand qui régule la société occidentale depuis la Renaissance. Or, apparaît un double processus dans la création émergente : une certaine décentralisation et un retour à des modes de productions féodaux, voire ancestraux. Loin des produits manufacturés des ères moderne et postmoderne, les productions contemporaines renouent avec l’artisanat. Poteries et textiles abondent.

En s’adonnant à la céramique et au tissage, les jeunes artistes se relient aux plus anciens métiers du monde – et ainsi à l’Histoire de l’humanité toute entière.

Avec leur humilité – doit-on rappeler l’étymologie, humus/terre, de ce terme ? – et leur vénération de l’imperfection qui forcerait le respect d’un Yanagi Soetsu, ces artistes participent à un nouveau mode d’appréhension du réel qui tente de s’éloigner de la condition si bien décrite par Lyotard.

Nous le définissons comme Oracular/ Vernacular : une envie de se projeter à nouveau vers l’avenir grâce à un enracinement dans le passé et les traditions vernaculaires.

Un désir non seulement éloigné de la fuite en avant moderne mais aussi de la stase postmoderne. CODE South Way se fait ainsi le chantre de cette nouvelle ère.

Se dessine ici notre définition des oeuvres d’art : ce sont des cristallisations formelles de changements du monde.
CODE South Way se veut être une manière de comprendre ces cristallisations, de les déplier, de les analyser. À la suite d’Heinrich Wölfflin, ce magazine s’engage dans une vision où le formalisme est ancré dans son contexte : « un style est l’expression d’une époque » écrivait avec justesse l’historien.

Les oeuvres de ce début du XXIe siècle ne sont jamais aussi violentes qu’un bon mot sur un étendard ; elles n’en sont pas moins efficientes. À l’instar de ces dernières, CODE South Way porte de manière oblique un projet politique : un dépassement de cet Anthropocène qui semble plus être un capitalocène.

Un dépassement n’implique pas forcément une destruction. Une révolution, en anéantissant une aristocratie, détruit la
culture dont elle est issue. Or, accomplir une révolution – faire table rase du passé – est à l’opposé des valeurs de CODE South Way.

Il semble dès lors nécessaire de regarder à l’échelle de notre civilisation plutôt qu’à celle, trop réduite, de notre société qui arrive à son terme. CODE South Way est un plaidoyer pour une conscience historique, seule perspective vers un avenir.


Charlotte Cosson & Emmanuelle Luciani



 

Galerie photo de la conférence - Diaporama

 
Lancement de la revue CODE South Way #3
Lancement de la revue CODE South Way #3 avec Joël Riff, Sonia D'Alto, Emmanuelle Luciani et Victor Mazière
Lancement de la revue CODE South Way #3 avec Joël Riff, Nikita Dmitriev, Emmanuelle Luciani et Victor Mazière

Informations pratiques

    • Du mardi au samedi.
    • Fermeture : lundi et jours fériés.
  • Entrée libre, de 11h à 19h

    Visites commentées :

    • Mercredi à 12h30
    • Samedi 12h30 et 16h00
  • 12 rue Boissy d'Anglas, 75008 PARIS. 1er étage.

    • 01 53 30 88 00
    • info@fondation-entreprise-ricard.com
  • Métro : Concorde ou Madeleine

  • Parking : Concorde ou Madeleine