«Palais Potemkine» à la National Gallery / The Palace, Sofia

Date : Du vendredi 19 mai 2017 au dimanche 20 août 2017. Sofia, Bulgaria

Thème : Une sélection d’artistes nominés ou lauréats du Prix Fondation d’entreprise Ricard

Avec : Mathieu K. Abonnenc, Bertille Bak, Stéphane Barbier Bouvet, Julien Bismuth, Cyprien Gaillard, Louise Hervé & Chloé Maillet, Adrien Missika, Stefan Nikolaev, Lili Reynaud-Dewar, Jimmy Robert, Bruno Serralongue, Marie Voignier

Commissaire : Emile Ouroumov

Autour de l'exposition :

Samedi 1er juillet, 15h30 à 18h
Discussion avec l'artiste Mathieu K. Abonnenc
Performances : Louise Hervé & Chloé Maillet, A side, avec Stefan Dodurov
Discussion avec la curatrice Svetlana Kuyumdzhieva, directrice artistique de Plovdiv 2019

Dimanche 2 juillet, 14h à 18h
Discussion avec les artistes Marie Voignier et Stéphane Barbier-Bouvet
Performance de Jimmy Robert, Figure de style
Discussion avec le curateur Pierre Bal-Blanc, curateur de l’équipe de Documenta 2017 Athènes-Casse


Après une série d’expositions des lauréats du Prix Fondation d’entreprise Ricard à Moscou (2008), Séoul (2014) et Mexico (2016), en 2017 la Fondation présente l’exposition « Palais Potemkine » à la National Gallery / The Palace de Sofia, en Bulgarie. Pour la première fois dans ce cycle international, le projet inclura aussi des artistes nominés pour ce prix fondé en 1999*.

Le fonctionnement d’un prix d’art contemporain relève souvent d’un double mouvement : un effet de cohésion (identifier et circonscrire une scène artistique nationale) et un effet de compétition (désigner et récompenser une voix particulière parmi une pluralité). A l’issue de ce double mouvement et à travers la pratique d’une douzaine d’artistes lauréats ou nominés, l’exposition « Palais Potemkine » propose de souligner et réunir la polysémie de cette communauté d’esprits et de démarches autour d’un questionnement commun : quel rapport entretient l’art avec les enjeux de la société contemporaine ; quel est le rôle de l’institution artistique au cœur de la cité ; comment une exposition peut-elle se construire en rapport avec son contexte ?

Le titre du projet inaugure cette analyse critique par une référence aux « villages Potemkine », expression désignant des trompe-l’œil à des fins de propagande.  Le décor de l’exposition est le bâtiment de la National Gallery / The Palace de Sofia, un ancien palais royal qui a été témoin ou acteur de tous les rebondissements de l’histoire de la Bulgarie à l’époque moderne : la domination ottomane ; l’indépendance et les errements politiques de la monarchie ; la proclamation de la république et la satellisation soviétique ; l’avènement de la démocratie relativisé par une phase de capitalisme effréné. Aujourd’hui, à une époque où les repères sociaux et politiques paraissent instables, ce bâtiment véhiculant une charge historique et politique importante, conçu et décoré par des architectes, artistes et artisans étrangers, peut servir d’outil pour analyser l’état de la société, le rôle historique et contemporain des échanges culturels et des institutions à travers la création artistique.

La pratique de ces artistes issus de la scène française relativise et enrichit elle-même la notion de « scène ». La pluralité de leurs préoccupations déborde l’étanchéité des frontières géographiques, stylistiques ou thématiques qui chercheraient à homogénéiser leur démarche. Unis par un lien à la France, ils n’en sont pas moins citoyens d’une communauté artistique globale. Leurs recherches et collaborations les mènent dans des territoires d’outre-mer, des anciennes colonies, des pays de l’ancien Bloc de l’Est, des zones urbaines ou reculées en France et à travers le monde.

Ils se confrontent à l’histoire coloniale, aux tracés des frontières, aux cataclysmes politiques, au rôle des monuments et de l’urbanisme, à la construction des récits nationaux, au décor des musées ou de la société d’information, aux discours médiatiques, aux modalités de prise de parole, à l’analyse des gestes, à l’altérité des corps, à l’inégalité des individus.

« Palais Potemkine » est ainsi et surtout une invitation lancée aux artistes et au public à faire partie d’un processus qui consiste à faire et faire voir les fondements de nos sociétés.
Emile Ouroumov, janvier 2017.


*La Fondation d’entreprise Ricard est un lieu d’expérimentation, de créations et de rencontres, dédié à l’art dans ses expressions les plus actuelles. Elle a pour vocation de soutenir la création contemporaine française et d’en diffuser la connaissance sur le plan national et international.
Créé en 1999, le Prix Fondation d’entreprise Ricard a été le premier prix à récompenser les talents émergents de la scène artistique contemporaine. Chaque année un commissaire indépendant est invité à organiser une exposition à la Fondation, présentant un groupe d'artistes émergent de la scène artistique française. Le Prix est ensuite décerné à l'un des artistes sélectionnés par un jury composé de collectionneurs, directeurs de musées et des commissaires des éditions précédentes du Prix Ricard. Il consiste en l'achat d'une œuvre au lauréat, qui est ensuite offerte au Centre Pompidou et présentée dans ses collections permanentes, ainsi qu’au financement d’un projet du lauréat à l’étranger.





Galerie photo de l'évènement - Diaporama

National Gallery / The Palace, Sofia
Emil Ouroumov, commissaire de l'exposition collective "Palais Potemkine" à la National Gallery de Sofia, Bulgarie.
Stefan Nikolaev, nommé pour le Prix Fondation d'entreprise Ricard 2004Under Reconstruction, 2002, Installation
Stefan Nikolaev, nommé pour le Prix Fondation d'entreprise Ricard 2004Vue de l'installation
Mathieu Kleyebe Abonnenc, nommé pour le Prix Fondation d'entreprise Ricard 2012Forever Weak and Ungrateful (5), 2015, Héliogravure, cadre bois, verre, 47,4 x 30,7 cmPhoto : Kalin Serapionov
Mathieu Kleyebe Abonnenc, nommé pour le Prix Fondation d'entreprise Ricard 2012Vue de l'installation. Photo : Kalin Serapionov
Vue de l'installation de Stéphane Barbier Bouvet, nommé au Prix Fondation d'entreprise Ricard 2013.
Bertille Bak, nommée pour le Prix Fondation d'entreprise Ricard 2012L'usine à divertissement, 2016, Triptyque vidéo HD, 5.1, 20 min

Informations pratiques