Tarik Kiswanson

Du mardi 6 mars 2018 au samedi 21 avril 2018

Vernissage le lundi 5 mars 2018Ajouter à mon calendrier

Une proposition de Jesi Khadivi.

 

Galerie photo de l'exposition - Diaporama

Tarik Kiswanson, the wait, 2017
Tarik Kiswanson, the wait, 2017
Tarik Kiswanson, Shifter, 2016

Par sa pratique de la sculpture, de la performance et de l’écriture, Tarik Kiswanson recycle et hybride des histoires personnelles, culturelles et politiques et, ce faisant, cherche à produire des modes de relation et de perception particuliers. La forme et la matérialité de son œuvre sont inextricablement liées aux thèmes de l’exil, de l’identité et de l’hybridité. Il ne s’intéresse pas à une notion stable d’identité, mais plutôt à la création de stratégies conceptuelles et formelles qui expriment une « politique identitaire » fluide – qui englobe les différents chocs culturels qui ont façonné tant son expérience personnelle que sa pratique esthétique.       

La réduction, la réfraction, la multiplication et la désintégration des formes dans son travail évoquent la contingence de la mémoire, en particulier lorsqu’elle est relative aux contextes du déplacement, de « l’entre-deux » et de l’immigration de première génération. Comme le souligne l’anthropologiste socioculturel Arjun Appadurai, « l’immigration tend à être accompagnée d’une confusion sur ce qui a été perdu et de fait sur ce qui doit être retrouvé ou sauvé de l’oubli. » L’œuvre de Kiswanson démontre un engagement envers la poésie du métissage : un moyen d’écrire et de survivre au sein de conditions et de contextes multiples. Ce croisement, ainsi que l’écrit le sociologue Paul Gilroy, « est un lieu particulier où des événements imprévus, magiques peuvent se produire » et « est peut-être un véhicule conceptuel approprié pour penser la tension dialectique entres les racines culturelles et les itinéraires culturels ». La prochaine exposition de Tarik Kiswanson à la Fondation d’Entreprise Ricard provient de ce lieu. A leur entrée dans les espaces de l’exposition, les visiteurs feront face à un paysage administratif étrange : une collection de sculptures en lévitation. Cette exposition marque le premier chapitre d’une nouvelle série d’œuvres inspirée par un même élément d’architecture bureaucratique : les archives et les placards à dossiers. L’exposition pose la question de savoir ce que serait pour nous des archives de la perte. Comment pourrions-nous traduire leur témoignage silencieux ? Un placard à dossiers n’est pas seulement un objet passif mais aussi le réceptacle de vies abstraites : des corps réduits à des paquets d’informations.