Re : Re

Galerie photo de l'exposition - Diaporama

à droite :
François Nouguiès
"The last moovie", 2006, film, courtesy Galerie Chez Valentin
à gauche :
Martin Le Chevallier
"OBLOMOV", 2001, Vidéo interractive
Courtesy de l’artiste et de la Galerie Maisonneuve
François Nouguiès
"The last moovie II", 2003
Technique mixte, dimensions variables, Pièce unique
Courtesy Galerie Chez Valentin, Paris
à gauche : "The last moovie II" de François Nouguiès
à droite : "Post-post-production", 2004, Vidéo, 120’
Courtesy Jousse entreprise, Paris
Vue de l’exposition "Re : Re" à la Fondation d’entreprise Ricard
Etienne Chambaud
"L’Horloge", 2005-2006
Caisson, écran, système informatique, Prototype n°2
Collection et courtesy de l’artiste
Martin Le Chevallier
"OBLOMOV", 2001
Vidéo interractive
Courtesy de l’artiste et de la Galerie Maisonneuve
Kolkoz
"Portrait arabe", 2006, Dessin
Courtesy Galerie Emmanuel Perrotin, Paris
François Nouguiès
"The last moovie", 2006, film,
Courtesy Galerie Chez Valentin

Dans le prolongement de la Nuit des César, la société Chivas Brothers a confié à Jean-Marc Chapoulie, commissaire d’exposition, le soin d’organiser Re : Re, exposition qui s’articule autour de la notion de remake, un remake plein d’audace qui modifie avec humour les conditions habituelles de notre perception.

Chaque artiste utilise les multiples ressources de cet art flexible pour réactiver notre imaginaire. Ainsi, François Nouguiès propose dans Le dernier film II une pièce monumentale en bois, qui fige un plateau de tournage, et un film inédit avec Cécile de France où les acteurs jouent sans jouer avec des décors qui n’en sont pas.

Kolkoz, avec Portrait arabe, présente le travail réalisé lors de la Nuit des César, une succession très surprenante de portraits effectués lors d’une performance. Etienne Chambaud, avec sa pièce horloge invite le spectateur à lire l’heure au rythme de scènes cinématographiques.

D’autres oeuvres seront à découvrir dans cette exposition, comme la pièce de Julien Prévieux Post-post-production qui utilise un film de James bond agrémenté d’ effets spéciaux en adoptant une posture faussement mimétique.

 

Re : Re

De la copie au recopiage

Le 11 janvier 1880, Flaubert écrit à l’un des ses correspondants : « Mon chapître est fini. Je l’ai recopié hier … aujourd’hui, je le re-recorrige, et je le re-recopie ».

Re : Re est une exposition articulée autour de ce préfixe « re » et propose des oeuvres qui activent un va-et-vient permanent entre deux champs artistiques, ici entre le cinéma et les arts plastiques. Re : Re cherche à instaurer entre ces deux disciplines un dialogue d’aujourd’hui sur le mode d’un retour de message par email.

Re : Re est placé sous le signe de la redite, de la reprise, mais pas de la répétition. Son point de départ est un fait authentifié par les historiens comme marquant l’origine du cinéma : La sortie des usines Lumière. Or, il se trouve que cette fameuse sortie a été tournée en trois versions différentes. Seule l’une d’entre elles, la dernière, a été longtemps montrée et présentée comme originale. Alors qu’elle était en fait une reprise de la première prise. Fait désormais devenu classique, un discours historique authentifiait donc une copie à une origine.

Re : Re revient, à sa manière, sur cette histoire trouble, et propose d’en révéler le double-fond à travers un ensemble de « ReRefilms », où l’expression d’une redite, d’un recopiage, d’un petit langage finit par accoucher d’une oeuvre.

Re : Re tire son principe d’une transmission qui s’altère, se modifie, se déforme pour ainsi trouver une forme.

Jean-Marc Chapoulie, Commissaire d’exposition