A Birthday Present as a Watch

Du Samedi 18 mars 2017 au Samedi 17 juin 2017.

Présentation

J’ai passé ces cinq dernières années à interviewer ma grand-mère, âgée aujourd’hui de 86 ans, ainsi que ses amis et collègues, afin de documenter sa vie au sein du monde de l’art. A travers ce processus, j’ai découvert, parmi les récits fréquemment répétés au fil des années, des récits qui ne font pas partie de la grande histoire d’une vie. Elles sont non préparées, anecdotiques et elliptiques. Vieillir offre un cadre plus long et complexe au temps pour revenir sur des instants précis de sa propre vie ; ceci alors qu’il évolue parallèlement aux réalités politiques, culturelles et sociétales du moment. Les oeuvres de cette exposition rendent le temps abstrait, le distordent, le suspendent et le ponctuent. Les observations phénoménologiques de la nature, des médias, des espaces publics et domestiques sont analysées à travers un large éventail de médiums, utilisant fréquemment des techniques de montage afin de remettre en question les mécaniques de la mémoire.

Ann Craven peint la lune depuis plus de vingt ans. Deux lunes de petit format, peintes en plein air et à sept minutes d’intervalle (leurs dates et heures respectives sont notées dans les titres) correspondent à une autre paire de tableaux de Craven - copies de l’une des lunes originales - agrandies et représentées en reflet l’une de l’autre plus tard cette année. A travers sa pratique artistique rigoureuse et singulière, Craven répète, réutilise et crée une archive méticuleuse de ces sujets. Son oeuvre se lit comme un journal intime qui marque le temps qui passe et collectionne des instants passés.

Thea Djordjadze présente une installation de plaques d’aciers articulées qui occupe un mur entier de la galerie, ainsi que deux sculptures : l’une est vide et l’autre est un volume clos. Ses oeuvres font référence au design fonctionnel et au corps dans l’espace architectural, mais sont cependant réduites à des formes intuitives et rudimentaires ayant une relation capricieuse avec la surface support.

Un intérieur domestique psychologique est également imaginé via les rideaux de Ketuta Alexi-Meskhishvili, qui crée un voile entre l’espace de l’exposition et le monde extérieur. Sur le matériau transparent (que le visiteur doit traverser lorsqu’il pénètre dans la galerie) ont été imprimées des images créées par l’association de techniques photographiques numériques et argentiques - ainsi que des photogrammes et images de la chair de l’artiste, vues depuis un écran d’ordinateur, s’inscrivant de cette façon elle-même dans cette abstraction.

Talia Chetrit puise dans ses séries passées pour présenter une version de son oeuvre qui génère une narration nouvelle bien que fragmentée. Chacune des quatre photographies présente le corps en partie ou en entier (les membres sont particulièrement soulignés) et les sujets ne sont pas identifiés, à l’exception d’une image de l’artiste, que l’on peut voir enjamber l’appareil.

Hannah Weinberger a conçu une installation vidéo multi-canaux pour la salle de projection de la galerie. Trois vidéos de 2015, 2016 et 2017 sont projetées simultanément en boucle dans une symphonie discordante et complexe de sons et d’images. L’enregistrement, collecté par Weinberger au cours de sa vie quotidienne et de ses voyages, transforme la familiarité des rues, restaurants, musées et aquariums des villes occidentales en lieux étranges, oniriques, où le mode de vie contemporain de consommation devient incohérent.

La série de Video Drawings d’Howardena Pindell, commencée dans les années 1970, remet également en question les sources qu’elle trouve dans la vie quotidienne, et plus particulièrement la télévision. Conçue en fixant une feuille d’acétate marquée de flèches schématiques, curvilignes et de numéros, l’image est ensuite photographiée à l’aide d’un appareil 35mm. Si les dessins sont illisibles, par le fait d’inscrire un instant à l’écran et de souligner la forme et le mouvement des corps, elle attire l’attention sur les rôles codifiés que les médias instillent dans notre inconscient.

Julia Trotta

Galerie photo de l'exposition - Diaporama

Talia Chetrit, Untitled (Street #1), 2015Impression au jet d'encre, 52,5 x 39,2 cmCourtesy Sies + Höke, Düsseldorf Photo: Achim Kukulies, Düsseldorf
A Birthday Present as a Watch, vue d’exposition, galerie frank elbaz, Paris, France, 2017Photo: Zarko Vijatovic
A Birthday Present as a Watch, vue d’exposition, galerie frank elbaz, Paris, France, 2017Photo: Zarko Vijatovic
A Birthday Present as a Watch, vue d’exposition, galerie frank elbaz, Paris, France, 2017Photo: Zarko Vijatovic
A Birthday Present as a Watch, vue d’exposition, galerie frank elbaz, Paris, France, 2017Photo: Zarko Vijatovic
A Birthday Present as a Watch, vue d’exposition, galerie frank elbaz, Paris, France, 2017Photo: Zarko Vijatovic
A Birthday Present as a Watch, vue d’exposition, galerie frank elbaz, Paris, France, 2017Photo: Zarko Vijatovic