Yazid Oulab «À la pointe»

Du Samedi 3 juin 2017 au Vendredi 21 juillet 2017.

Présentation

La galerie Eric Dupont est heureuse de présenter À la pointe, sixième exposition personnelle de l’artiste Yazid Oulab à la galerie Eric Dupont du 3 juin au 21 juillet 2017, regroupant un ensemble de toiles, sculptures et dessins.

« Dans toutes les traditions, le Verbe est l’expression extérieure ou l’effet de la cause qui reste à jamais cachée. Ecrit ou oral, il incarne la pensée ; il est la pensée. Dès lors, on ne peut dissocier Verbe et lumière. Car si le Verbe est la manifestation de l’invisible, d’une pensée qui se révèle et devient extérieure à ellemême, comme une figure qui l’objectifie ou une image qui la représente, alors comment cette image serait-elle visible en soi ? Dans son oeuvre, Yazid Oulab invente un destin matériel à ce qui n’a pas encore pris vie. Il s’agit de transfiguration. 

(…) Oulab adapte au présent occidental ce que racontent, depuis des siècles, les voix de l’Orient. Ainsi, tout part du désert et de l’oralité, autrement dit : territoire et musique (…) Musique, parce que le rythme préside à tout dans [dans son travail]. Geste, mouvement, répétition, attention obsessive à l’instrument : tel un chef d’orchestre démiurge, il dessine inlassablement les contours de ce qu’il va transposer, de ce qui va se mettre à exister sous son trait. Le dessin est fondamental et, selon les mots de l’artiste, « ne ment pas ». Le trait, la ligne sont l’écriture et l’ossature de toute forme. (…) 

L’outil, pour Yazid Oulab, est autant moyen que but. L’objet transcende toujours ses propres limites physiques pour élargir son champ sémantique à l’universel. À la fois serviteur et maître, ce dont on dispose devient ce qui dispose. Après son arrivée en France depuis l’Algérie pour étudier à l’Ecole des beaux-arts de Marseille, l’artiste a travaillé pendant un temps comme ouvrier en bâtiment, et maîtrise parfaitement les outils du métier. Ces outils sont chez lui une préoccupation méticuleuse car polysémiques (…) La verticalité est une donnée fondamentale dans [sa vision], notamment avec l’ascension, notion première au coeur de son aspiration spirituelle. Cette verticalité opère dans les deux sens, à la fois geste de l’ouvrier, du peintre, du sculpteur, et ce qui vient d’en haut et qui descend sur terre, sur l’humanité pour lui permettre d’accéder à cette élévation. Le premier mot descendu sur les hommes et révélé au prophète est « Lis » (récite, apprend), dont la première lettre en arabe est l’Alif « ! », à la graphie verticale comme un clou. Lettre devenue emblème, le clou prend dans l’art de Yazid Oulab une ampleur particulière. Il revêt plusieurs niveaux de conscience. Tels des Alifs en trois dimensions, les clous sont autant de ponts entre les cultures orientale et occidentale 

(…) En résidence à la Fondation Calder, en 2009, l’artiste redécouvrit et s’appropria l’utilisation du cordeau de maçon, pour créer un impact venu du haut — une verticalité en mouvement. Depuis 2014, il travaille cette technique qui consiste à tremper le fil dans la peinture puis de le lâcher à la verticale. Il construit à cette fin un grand chevalet pour de grands formats, et répète à l’infini, tel un mantra libérateur, ces chocs qui sont autant de vibrations ressenties dans tout le corps, dans une rigoureuse précision de noirs et de blancs ; retour à la peinture, scansion qui est « écriture vibratoire ». Chaque ligne est constituée de vingt à trente impacts se déchargeant de leur couleur. Cinétique bien sûr, Logos avant tout. »1

1 Cécile de Hann, « Yazid Oulab, une inspiration mystique », Revue Dialog #1, Le Verbe, février 2017, p.118-133. !

Galerie photo de l'exposition - Diaporama

Yazid Oulab, Partition, Huile sur toile, 150 x 195 cm, Courtesy galerie Eric
Dupont, Paris
Yazid Oulab, Rythme,
2017, Huile sur toile, 162 x 130 cm, Courtesy galerie Eric
Dupont, Paris.
Yazid Oulab, Rythme 2,
2017, Huile sur toile,162 x 130 cm, Courtesy galerie Eric
Dupont, Paris
Yazid Oulab dans son atelier, 2017, courtesy galerie Eric Dupont, Paris.