Ali Cherri, « Dénaturé »

Du Jeudi 12 octobre 2017 au Vendredi 16 février 2018.

Artistes :

Ali Cherri

Présentation

À l’occasion de sa troisième exposition personnelle à la Galerie Imane Farès, Ali Cherri revisite la dichotomie historique entre nature et culture, prolongeant ainsi les réflexions sur l’objet qui ponctuent sa pratique depuis 2015.

Dans Dénaturé, Ali Cherri construit un espace délibérément ouvert, où l’humain côtoie l’animal, le vivant frôle l’inanimé et le naturel effleure le scientifique. Il s’agit pour l’artiste de revenir sur les divers dualismes qui ont jalonné notre pensée depuis que Descartes a scindé l’homme entre corps et âme. Toute une série d’oppositions se voit alors réfutée dans cette exposition, où l’objet, altéré, échappe à toute catégorisation.

La taxinomie, pratique scientifique ayant institué ces nombreuses divisons, se voit ici contrée par les procédés de création artistique: collage, greffe et hybridation sont autant d’échappatoires à une lecture bornée de notre monde. Ces multiples truchements sont l’occasion pour l’artiste de ramener ensemble deux vies différentes.

L’installation Where do birds go to hide II exemplifie cette union des dissemblables : un tronc d’arbre incrusté d’ossements animaux est couché sur le sol, ouvrant ainsi la perspective vers une impression textile géante, étendue sur le mur. Composée de multiples collages, cette toile revisite l’imagerie des herbiers du XIXème. L’oeuvre déploie de la sorte un univers composite qui lie le végétal à l’animal, mais aussi l’organique au technique. Éminemment poétique, Where do birds go to hide II propose une réalité complexe au lieu d’un dualisme simpliste.

L’hybridation acquiert une portée plus critique avec l’ensemble de vases, récipients et autres artefacts disposés sur le mur d’en face. Sur chaque élément vient se greffer une matière, une texture ou un objet différents. L’artiste fait référence ici aux diverses techniques employées pour préserver l’objet muséal. Revisitant les mécanismes de l’archéologie et de la conservation, il questionne leur objectivité et scientificité.

Ali Cherri adopte une position résolument active, qui fait écho à l’homme tel qu’il est décrit par Georges Bataille « (…) l’homme est l’animal qui n’accepte pas simplement le donné naturel, qui le nie. Il change ainsi le monde extérieur naturel, il en tire des outils et des objets fabriqués qui composent un monde nouveau, le monde humain. »


Ali Cherri

Né en 1976 à Beyrouth, Liban. Vit et travaille à Paris et Beyrouth.

Ali Cherri appartient à cette génération d’artistes libanais nés pendant la Guerre Civile et dont la pratique a été fortement marquée par ce contexte d’instabilité. Après des études de Graphisme à l’Université Américaine de Beyrouth (AUB), il obtient une maîtrise d’arts du spectacle à DasArts, Amsterdam en 2005. Sa pratique, polymorphe, se nourrit aussi bien de la performance que du cinéma et de l’histoire de l’art. Ces multiples références transparaissent dès ses premières vidéos, où son propre corps fonctionne comme pivot d’une composition esthétique raffinée. Entre les années 2005 et 2014, il s’attache à décortiquer la situation géopolitique du Moyen-Orient par un langage visuel poétique. Ses projets récents se concentrent sur la place de l’objet archéologique dans la construction de récits historiques. Ce changement thématique est signe d’un glissement philosophique: Ali Cherri revendique toujours une intimité étroite entre poétique et politique, mais est désormais convaincu que la violence peut être étudiée sans être montrée.

Galerie photo de l'exposition - Diaporama

Ali Cherri, Détail Where do birds go to
hide I, 2017, Courtesy de l’artiste et Galerie Imane Farès 
Where do birds go to hide II, 2017Installation composée d’un tronc d’arbre et d’un spécimen russe de moineau issu d’un cabinet de musée et daté de 1879, barres en métalImpression textile. OEuvre uniqueCourtesy de l’artiste et Galerie Imane Farès
Where do birds go to hide II, 2017Installation composée d’un tronc d’arbre et d’un spécimen russe de moineau issu d’un cabinet de musée et daté de 1879, barres en métalImpression textile, OEuvre uniqueCourtesy de l’artiste et Galerie Imane Farès
Where do birds go to hide II, 2017Installation composée d’un tronc d’arbre et d’un spécimen russe de moineau issu d’un cabinet de musée et daté de 1879, barres en métalImpression textile, OEuvre uniqueCourtesy de l’artiste et Galerie Imane Farès
Endless falls, 2017Pot précolombien avec ornements - Culture Manteno 850 -1530 après J.-C., restauré avec un morceau de porcelaine provenant des fouilles du palais royal d’Ayutthaya - Chine c. 1700 après J.-C., attaches en laiton. OEuvre uniqueCourtesy de l’artiste et Galerie Imane Farès
Endless falls, 2017Pot précolombien avec ornements - Culture Manteno 850 -1530 après J.-C., restauré avec un morceau de porcelaine provenant des fouilles du palais royal d’Ayutthaya - Chine c. 1700 après J.-C., attaches en laiton. OEuvre uniqueCourtesy de l’artiste et Galerie Imane Farès
The three humors, 2017Deux poporo pré-colombien - Alto Magdalena, Colombie, Vase anthropomorphe pré-colombien - Chancay, PérouOssements animaux, X-XIIème siècle. OEuvre uniqueCourtesy de l’artiste et Galerie Imane Farès
The Melancholy of Birds A, 2017Série de 4 lithographies. 105 x 74,5 x 3,5 cm (chaque)Édition de 5.Courtesy de l’artiste et Galerie Imane Farès
The Melancholy of Birds B, 2017Série de 4 lithographies. 105 x 74,5 x 3,5 cm (chaque)Édition de 5.Courtesy de l’artiste et Galerie Imane Farès
The Melancholy of Birds C, 2017Série de 4 lithographies. 105 x 74,5 x 3,5 cm (chaque)Édition de 5.Courtesy de l’artiste et Galerie Imane Farès