Haegue Yang

Du Samedi 14 octobre 2017 au Samedi 25 novembre 2017.

Présentation

Haegue Yang

Quasi-ESP

14 octobre - 25 novembre 2017

La Galerie Chantal Crousel a le plaisir de présenter la troisième exposition personnelle de Haegue Yang, après Ajar (2012, La Douane) et Ovals and Circles (2013). Quasi-ESP fait ici référence à l’hybridation entre le naturel et le technologique et à toutes choses qui peuvent y trouver leur place dont les aspects immanents de notre environnement. Dans Quasi-ESP, Yang prend comme point de départ deux séries d’oeuvres, les Lacquer Paintings et les Hardware Store Collages (séries commencées en 1994), et tente d’appliquer une vision hybride ou oscillatoire à des phénomènes d’apparences différentes. Bien que ces deux séries soient au coeur de sa pratique artistique, les oeuvres de Quasi-ESP évoquent l’idée du renouvellement dû au changement de matérialité et au glissement opéré dans les sujets auxquels ils sont habituellement associés.

La série des Lacquer Paintings fait curieusement écho aux motifs figuratifs utilisés dans les Hardware Store Collages. Accumulée dans divers lieux comme Mexico City ainsi que dans son jardin-atelier à Berlin et ses alentours, la végétation est scellée par des couches de laque, séchées en plein air et laissant les influences de la nature libres. Terre, poussière, gouttes de pluie et insectes marquent de leur empreinte la surface au lent temps de séchage. À la différence des précédentes Lacquer Paintings réalisées avec des collages, les oeuvres actuelles constituent une référence assumée aux études botaniques.

Contrairement aux premiers Hardware Store Collages qui contenaient des motifs issus de catalogues de quincaillerie, les nouvelles productions de 2017 présentent des figures empruntées aux catalogues de magasins d’électronique numérique. Des découpages de télévisions à écran plat disposés en cercle et en « S » donnent à voir des images de fleurs naturelles, vantant la résolution cristalline des appareils. Dans le même temps, drones, écouteurs et caméras font allusion à la manière à laquelle ils côtoient notre quotidien. Néanmoins, lorsqu’il s’agit de composer et de sélectionner des motifs dans ces séries de collages, le bricolage reste le maître mot.

Soutenues par ces deux axes fondés sur l’image, des sculptures au sol et suspendues habitent l’espace de la galerie. Connues sous le titre de The Intermediates (série commencée en 2015), elles sont, à l’origine, le produit de la juxtaposition plutôt commune du moderne et du populaire. Alors que leur genèse engendre une lecture critique de la dualité ou complexité contemporaine, ces sculptures ont maintenant perdu de leur volume et sont devenues moins anthropomorphiques. Pendues au plafond, certaines d’entre elles ont même évolué pour devenir des créatures tentaculaires, construisant ainsi une jungle urbaine.

Les pièces au sol ne sont rien d’autre que des sphères accueillant des éléments discordants. Swaying Television Ball (2017) comprend un écran à deux faces présentant des collages d’images figées de matériel électronique et de feuille lenticulaire. Orné de nombreuses têtes d’aération industrielles sur toute sa surface, Psychic Turbine Vent Ball (2017) semble hyperventiler de manière hystérique.

Faceted Dancing Mask (2017) est une sculpture appartenant au cycle d’oeuvres fréquemment surnommé « sculpture mobilier ». Elle prend son origine dans la vie domestique, un sujet qu’affectionne tout particulièrement l’artiste et qui se manifestait auparavant sous la forme de murs percés de formes triangulaires et angulaires. Ces ouvertures articulaient et filtraient à la fois l’espace et le regard. Dans Faceted Dancing Mask, la face principale est recouverte d’une feuille lenticulaire, l’autre reste nue. Troué par la lumière, un visage suggestif émerge dans cette géométrie dansante. Munie de poignées et de roulettes invitant à la danse, l’exploration de la vie domestique par l’artiste s’étend au-delà du simple passage de mur à objet. Accessoire de scène ou de fond mobile, Faceted Dancing Mask devient un objet tridimensionnel matérialisant l’exubérance.

En déviant de son cycle de travail original, Haegue Yang produit des détournements au sein même de sa pratique etinjecte à l’accumulation de ses propres logiques, un sentiment d’incohérence et d’obstination. Quasi-ESP présenteune installation originale pour des détournements issus d’une autonégation active. Selon Yang, ces déviations sont le reflet d’une maturité certaine et affirment sa volonté à se rebeller contre ses propres protocoles basés sur la logique et les objectifs. S’appuyant sur ces bouleversements volontaires et son inconstance, la pseudoscienceconstitue une autre partie du corpus de l’artiste.



ESP (perception extrasensorielle* aussi connue sous le nom de sixième sens ou seconde vue) fait référence à la perception d’informations excédant la capacité perceptive standard et aux aptitudes psychiques telles que la prémonition et la télépathie. De la même manière, la « perception extrasensorielle » dénote l’effort constant de Haegue Yang à désapprendre, démanteler et explorer la manière dont l’absence délibérée de preuve s’avère être un moyen constructif de communication, ainsi qu’un défi personnel pour l’humanité dans la nature.

Quasi-ESP est un détournement schématique de l’oeuvre de Haegue Yang. À la manière d’un talisman, l’exposition entrecroise les contextes visuels devenant simultanément reconnaissables et inintelligibles

Galerie photo de l'exposition - Diaporama

Haegue Yang, Quasi-ESP, Exhibition view, Photo credits: Florian Kleinefenn, Courtesy of the artist and Galerie Chantal Crousel, Paris
Haegue Yang, Quasi-ESP, Exhibition view, Photo credits: Florian Kleinefenn, Courtesy of the artist and Galerie Chantal Crousel, Paris
Haegue Yang, Quasi-ESP, Exhibition view, Photo credits: Florian Kleinefenn, Courtesy of the artist and Galerie Chantal Crousel, Paris
Haegue Yang, Quasi-ESP, Exhibition view, Photo credits: Florian Kleinefenn, Courtesy of the artist and Galerie Chantal Crousel, Paris