Bernard Moninot « Cadastre »

Du Samedi 17 mars 2018 au Samedi 5 mai 2018.

Artistes :

Bernard Moninot 

Présentation

La galerie Catherine Putman est heureuse de présenter « Cadastre » de Bernard Moninot. Cette troisième exposition personnelle de l’artiste à la galerie a été conçue en collaboration avec la galerie Jean Fournier qui présentera aux mêmes dates « Chambre d’Echo ».

L’exposition « cadastre », axée sur le travail de dessin de Bernard Moninot, central dans son œuvre, montre différentes séries récentes et inédites : Cadastre, Clinamen, Lignes d’erre, À la poursuite des nuages, Lumière fossile.

Guidés par le hasard, les dessins des séries Cadastre et Lignes d’erre surgissent dans l’instant. Ils procèdent de l’observation et de la récolte des dessins de la mémoire du vent, qu’il capture à l’aide d’un stylet installé aux extrémités des tiges des fleurs ou de branches d’arbres. Ce travail a impulsé chez lui une libération du geste, cette fois le dessin n’est plus construit sur une idée préconçue, on découvre une spontanéité nouvelle. Des lignes continues, réalisées à l’acrylique ou à l’encre de Chine au moyen d’un tire-ligne, forment sur le papier un espace généré par le trait seul. L’entrelacs des lignes composant une sorte d’all-over.

Bernard Moninot relit ainsi les mots de Jean-Luc Nancy dans la préface du catalogue de l’exposition « Dessin(s) » aux Beaux-Arts de Paris en 2014 « La ligne se lance et se ligne. Elle n’aligne ni ne souligne ou surligne que de manière accessoire et dérivée : en son principe elle file devant soi sans autre règle que l’inconnu et l’inadvenu où elle s’aventure comme fait dans la rivière le simbleau du pêcheur. »

À la poursuite des nuages est le titre d’une suite de « dessins météorologiques » annotés systématiquement minute par minute pendant le temps de leur réalisation. Bernard Moninot avait réalisé une première série sur ce thème en 2013, les dessins formaient déjà un récit du ciel, constitué de phrases nuageuses. Les œuvres de l’été 2017 sont tracées au pinceau japonais, pour entrer dans la transparente du volume des nuages, comme dans la tradition du XVIIIème siècle. Ce sont des performances dessinées qui se déroulent sur une journée et nécessitent une attention soutenue de plusieurs heures.

Dans tous ces dessins, la ligne ainsi tracée renvoie aux observations de l’artiste, aux cieux, aux astres, à des enregistrements sismographiques, le « cadastre » d’un paysage mental. Durant cette période de travail intense, principalement passée dans son atelier dans le Jura, et suite aux séjours à l’observatoire astronomique de Haute Provence qui ont dé- clenché l’idée de traduire les « expériences de pensée », Bernard Moninot a ainsi réalisé plusieurs ensembles de dessins qui entrent en résonnance les uns avec les autres.

La série Clinamen est créée suite à ces visites, le clinamen est l’écart, la déviation de la trajectoire rectiligne des atomes en mouvement dans le vide, l’artiste a traduit le concept épicurien en superposant deux plans dessinés sur des toiles transparentes séparées de quelques centimètres.

Enfin, une maquette du projet « Chambre d’Echo » sera également présentée à la galerie, trait d’union avec l’exposition éponyme et simultanée de la galerie Jean Fournier. Ce projet très complexe sur lequel l’artiste travaille depuis cinq années, est une oeuvre en trois dimensions qui matérialise, dans un dispositif spatial, le trajet de la mémoire longue.


Bernard MONINOT 

Né le 15 mai 1949 au Fay en Saône-et-Loire. Etudie aux Beaux-Arts de Paris de 1967 à 1973 où il pratique la gravure dans l’atelier de Lucien Coutaud. De 1983 à 2006, il enseigne aux Beaux-Arts de Bourges, Angers et Nantes, puis de 2006 à 2015 aux Beaux-Arts de Paris. 

Principales expositions : Biennale de Paris, 1971 et 1973; Musée d’art moderne, Saint Etienne, 1974; Documenta, Kassel, 1977; Fondation Maeght, Saint-Paul-de-Vence, 1979; ARC, Musée d’Art modern de la Ville de Paris, 1980; Galerie nationale du Jeu de Paume, Paris, 1997; Fruit Market Gallery, Edimbourg, 1998; National Gallery of Modern Art, Bombay et Delhi, 2001; MACVAL, Vitry, 2012; musée Cocteau, Menton, 2013. En 2012, une monographie lui a été consacrée par Jean-Christophe Bailly aux editions André Dimanche.

(c) Courtesy Galerie Catherine Putman