Damien Cabanes

Du Jeudi 17 mai 2018 au Vendredi 20 juillet 2018.

Artistes :

Damien Cabanes 


Présentation

La galerie Eric Dupont est heureuse de présenter la seizième exposition personnelle de Damien Cabanes, du 17 mai au 20 juillet 2018. Un ensemble de toiles récentes sera exposé, une série de portraits, des glaïeuls coupés à la fin de l’été dernier et le motif de l’atelier avec lequel l’artiste joue, entre imaginaire et réalité.

La peinture de Damien Cabanes est une peinture qui bâtit son monde propre, tel un langage qui se passe de mots, recrée un dialecte fait de pigments et de coups de pinceaux. Il donne naissance à des mondes qui nous absorbent, se révèlent en silence et n’appellent ni discours, ni narration. Les oeuvres se colorent d’images à priori anodines passées au prisme du corps et du coeur de l’artiste et qui résonnent longtemps en nous. Ce sont des visions diaprées que le peintre déploie en grand format dans l’atelier, des émotions retenues au creux des grandes toiles enroulées que l’on découvre, agrafées aux murs blancs.

Il faut retrouver le corps opérant et actuel, celui qui n’est pas un morceau d’espace, un faisceau de fonctions, qui est un entrelacs de visions et de mouvements. 1

Une pose saisie dans l’instant, un regard, un moment suspendu. Le talent de Damien Cabanes, c’est de capter en un trait de pinceau l’énergie d’un mouvement, le moment de relâche d’un corps qui ne pose plus mais se laisse vivre. C’est avec pudeur qu’il capture le naturel, l’émotion fugitive, sans jamais la figer. À même le papier, il crée un espace hors du temps où les sensations dansent, se libèrent, où la tendresse d’un échange devient palpable à travers la couche picturale. Chez l’artiste les corps sont bien plus que des rapports de formes, de forces, de proportions, d’occupation d’un espace donné. Ils délaissent l’enveloppe du modèle pour celle de l’humain, faite de soupirs, silences, respirations. L’oeil, la main du peintre captent les points de contacts subtils entre deux corps, subliment les émotions du quotidien. À travers cette série de portraits, Damien Cabanes nous livre ainsi une peinture de l’intime, où l’humain se métamorphose sur la toile en un entrelacs de visions et de mouvements, de ressentis.

Le fil rouge serait peut-être que je ne cherche jamais à illustrer une idée mais à incarner une émotion dans chaque matériau propre à lui-même. 2

Ces glaïeuls qui s’étirent, immenses sur la toile, n’ont rien d’une nature morte. Ils ne sont plus image inerte mais sensation pure de la fleur. La touche de Damien Cabanes leur offre une vibration nouvelle, presque une odeur. Elles sont des microcosmes élevés au rang de macrocosme, d’univers autonome où les fleurs poussent de la main de l’artiste et ne semblent jamais pétrifiées. Vivantes, elles nous dépassent et nous enveloppent. Les glaïeuls, libérés de l’échelle du réel se métamorphosent en personnages à part entière, drapés de vert, parés de rouge qui jamais ne fanent. Les fleurs coupées s’élancent, jaillissent sur les toiles et la sève de la peinture les rend à leur vie, immortelle.

L’atelier, dans son caractère de hors-lieu, n’est ainsi plus le lieu de l’art, celui triomphant de l’« allégorie réelle » de Courbet, ni même du hasard en cours de Matisse : c’est la chambre du trésor des choses, qui ont dans leur finitude la marque du pour-toujours.3

Les vues d’atelier sont chez Damien Cabanes des motifs éternels. Comme le souligne Donation Grau, l’atelier du peintre est la chambre du trésor des choses, celle dans laquelle il plonge, puise à l’envi cubes, rayures, coulures et couleurs. Il réinvente formes et champs colorés dans des métamorphoses virtuoses, et ce depuis ses oeuvres abstraites des années 1980 jusqu’à ses paysages les plus objectifs. Ici, bien que s’inspirant de sacs et d’objets alanguis sur le sol nu de l’atelier, l’artiste évince l’anecdotique. Hors du temps, les vues d’atelier ne sont ni récit, ni manifeste. Ni abstraction, ni figuration. Il n’y a plus de hiérarchie des genres, des sujets, des formats. Il y a la couleur, presque vivante sur la toile, et l’émotion qui bat.

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1 Merleau Ponty, De l’oeil et de l’Esprit, 1960.

2 Damien Cabanes, « Ailleurs c’est ici et maintenant » Entretien avec Eric Dupont, 2016.

3 Donatien Grau, préface du catalogue d’exposition Damien Cabanes, Fondation Fernet-Branca, 2017.

Galerie photo de l'exposition - Diaporama

DAMIEN CABANES, Glaïeuls sur fond blanc
et rose, 2018

Photo J.-F. Rogeboz, ©
galerie Eric Dupont, Paris    
DAMIEN CABANES, Mathilde dans l’atelier, 2018Photo J.-F. Rogeboz, ©
galerie Eric Dupont, Paris    
DAMIEN CABANES, Petits objets abstraits
sur fond gris, 2017Photo J.-F. Rogeboz, ©
galerie Eric Dupont, Paris.