Rachel de Joode « Instead of Pieces, a Play »

Du Jeudi 17 mai 2018 au Samedi 16 juin 2018.

Artistes :

Rachel de Joode

Présentation

L’oeuvre de Rachel de Joode évolue autour de la tension entre la surface plane de l’écran pixellisé et la surface tangible du corps poreux. Tandis que nombre de ses photographies prennent l’apparence de peau humaine ou de matière organique, en y regardant de plus près, notre oeil finit par reconnaitre dans ces images des effets de matières réalisés à l’aide de matériaux d’art plastique élémentaires tels que l’argile ou les pigments, qui portent la trace de la main de l’artiste. Il existe dans l’oeuvre de Rachel de Joode une oscillation entre la surface bidimensionnelle et sa corporalité tri-dimensionnelle. Les images — viscérales, physiques — s’appréhendent en ronde-bosse. Elles appartiennent à l’espace haptique dans lequel on fait l’expérience du toucher par le regard.

Cette confusion sensorielle s’applique également à l’approche de l’artiste à son médium. En effet, Rachel de Joode utilise la photographie comme outil de médiation pour exprimer son expérience physique de la matière. C’est également une manière pour elle de façonner ces matériaux selon son désir. Ainsi, ses image-objets ont un pouvoir ; elles deviennent des sujets. Elles se comportent comme d’autres mediums, brouillant ainsi les frontières de leur cadres. Jouant les sculptures, les tableaux, ou encore les tentures, elles sont pliées, superposées, imbriquées et pénétrées au mépris des attentes habituelles d’un lieu d’exposition.

Cette performance de l’objet d’art s’étend au contexte de l’exposition elle-même et au rôle de Rachel de Joode en tant qu’artiste-protagoniste.

Au centre de l’exposition se tient un décor de galerie. Au sein de cette galerie dans la galerie se joue une pièce de théâtre dans laquelle des performers, habillés du costume de l’artiste — jeans, t-shirt blanc, perruque blonde et lunettes — présentent les objets exposées. Des bras sortent de trous découpés dans les parois du décor pour tenir les toiles photographiques et les petites figurines en céramique représentant l’artiste nue. En première ligne de cette distribution d’objets, les acteurs humains endossant le rôle d’artiste deviennent le système de fixation des oeuvres, leur mains servant de crochets ou de socles dans un jeu qui est à la fois plein d’humour et mélancolique à en pleurer. En parallèle, les propres mains de Rachel de Joode pénètrent littéralement à travers les oeuvres à la fois par leur représentation et par la trace qu’elles y laissent — car il s’agit, après tout, de choses fabriquées.

Alex Klein

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Rachel de Joode (née en 1979, Pays-Bas) vit et travaille à Berlin, diplômée de la Gerrit Rietveld Academie d’Amsterdam. Elle a reçu du fonds Mondriaan le International Presentations Grant en 2016 et le Mondriaan fonds Project Grant en 2017. On peut citer parmi ses expositions personnelles et collectives Photoforum Pasquart, Biel/Bienne (CH); Kunstfort Vijfhuizen (NL); ICA, Philadelphie (USA); Henie Onstad Kunstsenter, Oslo (NO); ZKM, Karlsruhe (DE); le Musée d’Art Contemporain de Rome (IL); Gerðarsafn Kópavogur Art Museum, Kópavogur (ISL); Garage Rotterdam (NL); Kunstverein Nürnberg (DE); Neumeister Bar-Am, Berlin (DE); Galerie Christophe Gaillard, Paris (FR); Interstate Projects, New York (USA); Higher Pictures, New York (USA).