Lisa Beck + Rainier Lericolais

Du Samedi 13 octobre 2018 au Samedi 17 novembre 2018.

Artistes :

Rainier Lericolais, Lisa Beck

Présentation

RAINIER LERICOLAIS

 

Les pratiques de Rainier Lericolais (né en 1970), plastiques et musicales, se rejoignent dans la notion de mémoire enregistrée : il prélève dans de nombreuses strates culturelles les artefacts et autres symboles qui composent ses œuvres qu’elles soient visuelles, sonores ou spatiales dans lesquelles se mêlent références musicales, cinématographiques, plastiques, et littéraires.

 

Une des œuvres de l’exposition,  L’invention de Morel, fait ainsi référence à la nouvelle éponyme de l’écrivain argentin Adolfo Bioy Casares qui, naufragé, trouve refuge sur une île où chaque jour se répète inlassablement, et il finit par découvrir que l’île fonctionne comme un grand disque qui est rejoué quotidiennement.

 

Cette première exposition des sculptures de Rainier Lericolais en dialogue avec les peintures de Lisa Beck présente un des axes majeurs de son travail : l’abstraction et la représentation du son, notamment sous le prisme de la question de l’enregistrement.

 

Cette question se retrouve également dans ses œuvres sur support papier : photogrammes, oscillogrammes, scannogrammes, (enregistrements de la lumière sous formes d’ondes vibratoires), empreintes de vinyles (Phantômes).

 

Cette faculté de fixer un moment vécu sur un support et la fragilité de ce dernier sont des thèmes obsessionnels de Rainier Lericolais qui lui permettent de réfléchir aux conditions d’émergence d’un objet dans le temps qui le connaît.

 

LISA BECK

Mon travail a toujours été guidé par certaines préoccupations ou obsessions, qui peuvent être vues comme étant divisées entre le particulier et l’universel. Le particulier, c’est-à-dire les aspects observables de la réalité, les choses qui nous entourent (le paysage, nos corps). L’universel, c’est-à-dire les choses qui sont trop vastes ou trop minuscules pour qu’on puisse les saisir (l’espace, la physique atomique) – et qui deviennent forcément une sorte d’abstraction. Ce sont à ces choses-là que je pense, en insistant sur la relation entre ces éléments – l’endroit où ils se rencontrent et interagissent, plutôt que sur leur séparation. Je me préoccupe de ma position, de la position de n’importe qui, en lien avec ces aspects de la réalité existante… l’acte d’observation de l’entre-espace ; la conscience visuelle et la perception comme manière de comprendre l’existence, tel un filtre.

 

J’ai tendance à être attirée par des phénomènes visuels liés mais contraires, tels le positif et le négatif, le modèle et l’aléatoire, la couleur et les niveaux de gris, le plat et la profondeur, la représentation et l’imagerie abstraite. J’ai toujours envie d’emprunter les deux directions à la fois et une grande partie de mon travail a consisté en tenter de trouver des manières d’intégrer ces opposés. Mon motif le plus récurrent est le cercle sous toutes ses formes et références. Les atomes, les points, les sphères, les solides, le néant, les cellules, soi, les étoiles, l’éternité, le vide – c’est fou ce que l’on peut lier à cette forme.

 

J’ai toujours apprécié le fait que l’on évoque une œuvre d’art en parlant d’une « pièce ». Pour moi, une œuvre d’art est une sélection émanant d’un continuum, comme une capture d’écran est un morceau de temps figé. C’est pour cela que je crée un ensemble hétérogène d’éléments, afin de faire référence à un plus grand nombre de possibilités. Je veux toujours mettre cela en avant, dire « C’est ce que j’ai établi, mais il y a des millions d’autres manières de le faire exister ». Afin de suivre cette logique, j’ai réalisé des œuvres qui ont des composantes qui peuvent être réarrangées, des peintures combinées à des objets réfléchissants, des peintures surplombant des œuvres murales, des peintures qui peuvent être vues à travers des boules en verre. Bien souvent, elles se trouvent toutes ensemble dans la même pièce, créant mon propre univers et permettant à mes œuvres d’entrer en collision.

 

Lisa Beck

Galerie photo de l'exposition - Diaporama

Lisa Beck, Elements 8 (Rising and Falling), 2017Feuille d'aluminium, peinture acrylique, émail peint sur toile121.9 x 91.4 cm x 2, Pièce uniqueN° Inv. LB/17/025
Rainier Lericolais, L'invention de Morel, 2016Chêne, sapelli, minidisc, résine acrylique, cuivre, métal59 x 120 x 20 cm, Pièce uniqueN° Inv. RL/16/01