Sara MacKillop « Double glazed »

Du Samedi 10 novembre 2018 au Samedi 12 janvier 2019.

Artistes :

Sara MacKillop

Présentation

Questionnaire 

Comment crée-t-on une image ? Y’a-t-il jamais une limite à ce qu’elle peut être, ou à ce qu’elle peut faire ? Où se situent ses frontières, quels sont ses cadres – ses dehors et ses dedans –, ou plutôt quels sont ses flux ? Comment conçoit-on une image, et à travers quel type de lentilles ? Mais aussi, que peuvent-elles tenir à l’écart ? Il y a une différence entre ce que l’on ne peut pas voir et ce que l’on ne veut pas voir, ou encore ce que l’on prend pour tel par erreur. La question est ainsi de savoir à quel ensemble de conditions diverses tient le devenir de l’art : et de même pour sa réception, sa production, son sens. Une promesse ? Une fiction véritable ? Un échange réciproque ? Mais que dire alors du manque ? Comment est-ce que l’idée du manque, de la dette ou de la dépense, peut-elle s’inscrire au sein même de l’œuvre, et qu’en est-il de ses affects ? Que dire de la matérialité d’une pièce, en tant que chose ? Quand on regarde les matériaux d’une œuvre d’art, quelles traces font-ils apparaître, qu’indexent-ils, que dissimulent-ils même ? Par exemple, que dire de l’effort – aussi bien dans la production de matériaux que l’effort artistique appliqué sur ceux-ci ? La forme et l’aliénation de la marchandise ? Quel ensemble de relations sociales y est inscrit en tant qu’histoire ? En tant que temporalité et que mémoire ? Comment la forme obstrue-t-elle le contenu ? Ou plutôt, quel type de contenu peut-on extraire de la forme par le biais de son devenir, de son activation (la création artistique) et de sa réception ?

Il est question de la diffusion, de l’acte. Quand nous regardons des images, des photographies ou des procédés de reproduction, nous regardons certes des informations incorporées, mais des informations qui sont ni stables ni sédentaires, non-affirmatives, et qui circulent, en particulier lorsque ces images et surfaces sont barrées, reflétées, collées, rendues illisibles, obscurcies, triées, pressurées, ou blanchies par le soleil. Alors d’où vient l’énergie ? Comment peut-on parler de ces procédures à l’échelle de la représentation quand cette dernière est elle-même sous effacement, oblitérée ? Quel type de négativité est-ce que cela produit ? S’agit-il d’une économie politique de l’abysse ? Une sorte de violence picturale nocive, une forme d’auto-vandalisme ? Ou, comme autre façon de participer collectivement à la production d’une image, est-ce en fait d’autres façons de voir le travail et de travailler contre lui, de la création à la réception, que cette prétendue violence engendre ? Renoncement visuel par gain relationnel ? On en revient toujours au travail du travail. Non ?


David Bussel

Sara MacKillop, wc2h, 2018 Tirage numérique, 42 x 59 cm