Oliver Beer « Household Gods »

Du Samedi 12 janvier 2019 au Samedi 16 février 2019.

Artistes :

Oliver Beer

Présentation

La galerie Thaddaeus Ropac est heureuse de présenter l'exposition personnelle d'Oliver Beer, Household Gods.

Chaque civilisation a pris des objets et les a érigé au rang d’idoles. Il s’agit d’investir un objet avec un esprit — c’est ce qui arrive quand on le fait chanter. Oliver Beer

Avec Household Gods, la Galerie Thaddaeus Ropac Paris a le plaisir de présenter une exposition de nouvelles installations sonores et d'œuvres sculpturales d'Oliver Beer.

Celles-ci reflètent les recherches actuelles de l’artiste sur les rapports entre le son et la forme, et la musicalité innée du monde physique. Une nouvelle performance sera également présentée le jour de l’ouverture de l’exposition. Les divinités du foyer du titre correspondent à des objets physiques, placés sur des socles dans une pièce blanche et élevées au rang au de divinités domestiques au point qu’elles se mettent à chanter. Dans l'espace principal de la galerie, une voix leur est donnée. Beer utilise des microphones pour amplifier les vibrations du son ambiant dans l’espace interne des objets, créant au passage de délicats effets de rétroaction acoustique qui nous permettent d'entendre le son inné de chaque objet. Ces notes sont déterminées par le volume et la forme de chaque pièce et demeurent inchangées depuis le jour de leur création.

S’inscrivant dans la tradition de l'animisme et de la vénération des objets partagée par de nombreuses cultures, Beer investit sa collection d'un esprit acoustique. Favorisant l'interaction auditive avec l'histoire de chaque objet, l'installation donne lieu à un récit complexe où s’entremêlent des questions d’assimilation et d’appropriation culturelles.

Choisies par l'artiste pour leurs résonances spécifiques, les harmonies représentent des relations invisibles mais indéniables entre les objets. Un urinoir d’Arita en porcelaine Amsterdams Bont, référence humoristique à la fontaine de Duchamp (1917), chante sa propre note, et va chercher du côté de la politique coloniale et l'articulation du pouvoir à travers les formes esthétiques. Son style a été modifié par son propriétaire hollandais pour correspondre au goût de l'empire naissant qui avait développé une prédilection pour le pigment rouge, le décor japonais bleu peint à la main est recouvert et agrémenté de motifs aux tons chauds en émail. Cet objet est placé en harmonie musicale avec le vestige d'une cheminée prétendument sauvée de l'incendie destructeur qui ravagea le palais de Westminster en 1834. À l'intérieur des marques de mains d'enfants sont encore visibles. Cette présence permet d’ouvrir une réflexion sur le Londres de l’époque victorienne et sur l’organisation de la société d’alors.

L’installation présentée dans l’exposition reflète l'expérience que Beer a entamée au Metropolitan Museum of Art de New York, où il a été invité à produire une nouvelle installation sonore avec des objets de la collection du musée pour l'été 2019. De la même manière que l'exposition du Met Breuer sera un portrait de la collection, cette nouvelle installation est un portrait des objets présents dans la vie de l'artiste. Beer explique : "Au fur et à mesure que l’on passe du temps avec ces objets d’origines diverses, en prenant en compte autant leur harmonique que leur forme, on commence à percevoir des motifs récurrents dans l'histoire. Il y a certaines notes qui reviennent plus fréquemment. Cela soulève la question de savoir s'il existe une relation entre la géométrie du corps lorsque l'on fabrique un objet ou quelque chose de profondément enraciné dans la culture et la psychologie à travers les civilisations.”

Parallèlement à ces nouvelles installations sonores, les sculptures bidimensionnelles en résine noire de Beer confrontent les perceptions de l'espace, du son et de la matérialité. Des objets personnels et symboliques intimement liés à la vie de l’artiste deviennent des dessins d'eux-mêmes et semblent fossilisés dans un vide infini.

Ces objets ont survécu à leur contexte culturel ; principalement domestiques, ils se trouvent chargés d’une dimension iconographique. Des chevilles d'accordage de sa propre guitare démembrée cohabitent avec les rouages de l'horloge de sa mère ainsi qu’avec des bouteilles de gaz hilarant glanées à l'extérieur de son studio et des fragments de son premier métronome. Des débris de vases, qui jadis chantaient leur propre note, se répandent en constellations, comme si ces objets du monde matériel immédiat étaient investi d'une valeur céleste. La cruche émaillée de sa grand-mère, qui résonnait autrefois en un si bémol parfait, est réduite au silence et devient une projection visuelle de ses capacités auditives. La surface blanche des premières sculptures bidimensionnelles de l’artiste imitait la parfaite planéité picturale moderniste ; pour la première fois, le noir profond de ces nouvelles œuvres implique un espace vide infini. En incluant des vases et d'autres objets humbles de sa vie quotidienne, ces nouvelles facettes du monde physique deviennent autant de couleurs, de lignes et de textures qui élargissent le répertoire de l’artiste. 

Les performances immersives d’Oliver Beer poursuivent cette recherche. Pour célébrer l'ouverture de l'exposition, sa dernière performance Composition for Mouths (Songs My Mother Taught Me) sera présentée dans une nouvelle configuration. Développée à l'origine par l'artiste lors de sa résidence à l'Opéra de Sydney pour la Biennale de Sydney en 2018, Beer a travaillé en étroite collaboration avec les chanteurs, leur demandant de se rappeler la première chanson qui a marqué leur enfance et d'intégrer cette mélodie dans leurs partitions. Dans la composition, les deux chanteurs joignent leurs lèvres pour créer une seule cavité buccale, ce qui leur permet d'explorer les fréquences de résonance de leurs visages respectifs tout en s'unissant pour devenir un instrument unique.

Oliver Beer (né en 1985) vit et travaille à Londres et à Paris. Parallèlement à son travail sur le son, il crée des projets sculpturaux, cinématographiques et d'installations dont la provenance semble parfois autobiographique, mais au travers desquels il joue avec des préoccupations universelles - souvent intimes - et s'appuie sur des émotions et perceptions partagées. L'œuvre d'Oliver Beer a notamment été exposée au MoMA PS1, New York ; Centre Pompidou, Paris ; Palais de Tokyo, Paris ; Fondation Louis Vuitton, Paris ; MAC Lyon et à la Biennale d'Istanbul en 2015.

Il a effectué des résidences à la Fondation Hermès, à la Villa Arson, Nice, au Watermill Center de New York et a remporté plusieurs prix, dont le Daiwa Anglo - Japanese Foundation Art Prize (2015). Ses œuvres font partie de nombreuses collections privées et publiques dont le Centre Pompidou, Paris ; FRAC île de France, Paris ; MAC Lyon ; Kramlich Collection, San Francisco ; National Museum of Art, Osaka, New National Museum of Monaco, et MONA Tasmania. En 2017, la Ikon Gallery à Birmingham a accueilli sa première rétrospective. En 2018, il fut invité à créer une nouvelle performance et un film pour la Biennale de Sydney.

 

Durant l'été 2019, une exposition personnelle de son travail aura lieu au Met Breuer à New York.

Communiqué de Presse : 


Performance "Composition for mouths" by Oliver BeerPhoto Hugard & VanoverscheldeCourtesy Galerie Thaddaeus Ropac, London · Paris · Salzburg © Oliver Beer