• Du 8 avril 2011 au 21 mai 2011
  • 12 rue Boissy d'Anglas
    1er étage
    0153308800
    Fondation d'entreprise Ricard
  • Tous les mercredis à 12h30 et samedi à 12h30 et 16h
    Visites
    commentées
  • Concorde (lignes 1, 8, 12) et Madeleine (lignes 8, 12, 14)
    Métro
  • Concorde et Madeleine
    Parking
WANI

Cette exposition se consacre à l’art « WANI ». Ce néologisme est la contraction orale de la formule : « OANI », pour « Objet Artistique Non Identifié », ou encore « Œuvre d’Art Non Identifiable ».

« WANI » entend mettre l’accent sur un type d’œuvre d’art constituant un authentique casse-tête analytique : des œuvres qui, ostensiblement, ne signifient rien, par refus volontariste de le faire. Plus subtilement, ces travaux dont la nature non explicite résulte, de la part de leurs créateurs, d’une décision arrêtée, représentent un véritable enjeu : échapper à toute récupération, qu’elle soit théorique, établie au nom de l’héritage ou débitrice d’un propos plastique clairement annoncé ou identifiable. Voire : l’œuvre « WANI » échappe carrément à son auteur. L’artiste même, face à cette dernière, se découvre méditatif, et impuissant. Le premier « WANI » de l’histoire de l’art, d’ailleurs fictif, serait alors La Belle Noiseuse que peint Frenhofer dans Le Chef-d’œuvre inconnu de Balzac – du moins, cette partie du tableau demeurant énigmatique, et dont le secret semble avoir eu raison de la vie même de son créateur. Par précaution, restera à l’artiste de dire à la façon d’un personnage de Cocteau, « Ce mystère me dépasse, feignons d’en être l’organisateur. »

L’art « WANI » n’est donc pas sans intérêt, l’occulterait-il sciemment… Il place le spectateur dans une attitude de perplexité qui l’oblige à considérer l’œuvre comme un paradoxe : entité problématique que celle-ci, parce que mutique sur sa vocation et son sens, mais esthétiquement active pourtant. L’œuvre d’art « WANI », devenue un objet d’interposition dérangeant, peut difficilement être négligée. Comme toutes les énigmes, elle sollicite la réflexion, activant de concert le regard « pensif », suscitant aussi l’exaspération. Décidément, par quelque bout que l’on prenne les choses – ici, celles d’un art retors à l’analyse, à l’explicitation, à l’expertise, à l’énoncé d’une vérité –, l’on ne comprend rien.

La véritable subversion résiderait peut-être là, non dans le renversement révolutionnaire et colérique des signifiants, mais dans la mise en scène d’une valeur impossible à qualifier.

Paul Ardenne et Marie Maertens, janvier 2011

Le projet bénéficie du soutien de l’Institut Polonais de Paris

Galerie photos de l‘exposition
Vernissage